🚗 Plaques personnalisĂ©es : la DIV va utiliser l’intelligence artificielle pour dĂ©tecter les combinaisons problĂ©matiques

🚗 Plaques personnalisĂ©es : la DIV va utiliser l’intelligence artificielle pour dĂ©tecter les combinaisons problĂ©matiques

Depuis le 21 septembre 2026, une nouvelle rĂ©glementation permet Ă  la Direction pour l’Immatriculation des VĂ©hicules (DIV) de radier certaines plaques d’immatriculation personnalisĂ©es qui avaient pourtant Ă©tĂ© initialement acceptĂ©es.

Et une particularitĂ© de cette nouvelle procĂ©dure mĂ©rite l’attention : les fonctionnaires de la DIV pourront notamment s’appuyer sur des outils d’intelligence artificielle. đŸ€–

🔎 Une plaque acceptĂ©e peut dĂ©sormais ĂȘtre remise en cause

L’arrĂȘtĂ© royal du 3 septembre 2026, publiĂ© au Moniteur belge le 21 septembre 2026, insĂšre un nouvel article 35/1 dans l’arrĂȘtĂ© royal du 20 juillet 2001 relatif Ă  l’immatriculation des vĂ©hicules.

Il concerne les plaques personnalisées dont la combinaison est notamment jugée :

  • offensante ;
  • contraire Ă  l’ordre public ou aux bonnes mƓurs ;
  • liĂ©e Ă  des crimes de guerre, Ă  des conflits armĂ©s ou Ă  la violence ;
  • raciste, sexiste, nĂ©gationniste ou homophobe ;
  • incitant Ă  la violence, Ă  la sĂ©grĂ©gation raciale, Ă  la haine ou Ă  la discrimination.

Le texte va assez loin puisqu’il permet Ă©galement d’intervenir lorsque des « messages cachĂ©s » ou des « sens dĂ©tournĂ©s » n’avaient pas Ă©tĂ© identifiĂ©s lors de l’examen initial de la demande.

Autrement dit, le fait qu’une plaque personnalisĂ©e ait Ă©tĂ© acceptĂ©e et dĂ©livrĂ©e par la DIV ne signifie plus nĂ©cessairement que sa combinaison ne pourra jamais ĂȘtre remise en question.

đŸ€– Trois outils d’intelligence artificielle

C’est dans le Rapport au Roi accompagnant l’arrĂȘtĂ© que l’on dĂ©couvre une particularitĂ© intĂ©ressante de ce nouveau systĂšme.

Pour apprĂ©cier si une combinaison pose problĂšme, les agents de la DIV s’appuieront sur les usages courants donnĂ©s aux termes concernĂ©s, mais Ă©galement sur trois outils d’intelligence artificielle destinĂ©s Ă  dĂ©tecter les combinaisons problĂ©matiques.

Le recours Ă  l’IA n’apparaĂźt toutefois pas dans le texte mĂȘme du nouvel article 35/1.

La dĂ©cision de radiation reste formellement prise par le fonctionnaire dirigeant ou son dĂ©lĂ©guĂ©. L’intelligence artificielle apparaĂźt donc, Ă  la lecture du Rapport au Roi, comme un outil destinĂ© Ă  assister l’administration dans la dĂ©tection ou l’analyse des plaques susceptibles de poser problĂšme.

Cette distinction pourrait avoir son importance lorsqu’une dĂ©cision est contestĂ©e.

⚖ Que se passe-t-il si votre plaque est considĂ©rĂ©e comme problĂ©matique ?

La DIV ne peut pas simplement radier immédiatement la plaque.

Elle doit d’abord contacter la personne concernĂ©e et lui proposer gratuitement l’attribution d’un nouveau numĂ©ro d’immatriculation conforme Ă  la rĂ©glementation.

Le titulaire dispose alors de 30 jours calendrier, Ă  compter de l’envoi de cette communication, pour prĂ©senter ses observations ou demander l’attribution gratuite d’un nouveau numĂ©ro.

En cas de refus, de dĂ©saccord ou d’absence de rĂ©ponse dans ce dĂ©lai, la DIV peut procĂ©der Ă  la radiation d’office de la plaque.

La dĂ©cision doit ĂȘtre notifiĂ©e par envoi recommandĂ©.

đŸ“© Un recours est possible

Le titulaire dispose encore d’une possibilitĂ© de contestation.

Dans les 30 jours suivant la notification de la radiation, il peut introduire un recours par recommandé auprÚs du SPF Mobilité et Transports.

Il peut Ă©galement demander Ă  ĂȘtre entendu dans sa lettre de recours.

Attention toutefois Ă  un Ă©lĂ©ment particuliĂšrement important : le recours n’est pas suspensif. ⚠

L’introduction du recours ne suspend donc pas, Ă  elle seule, les effets de la dĂ©cision de radiation.

🧠 Et si l’intelligence artificielle se trompe ?

C’est probablement l’une des questions les plus intĂ©ressantes que soulĂšve cette nouvelle rĂ©glementation.

Une plaque personnalisée peut jouer sur les initiales, les chiffres, la phonétique, plusieurs langues ou encore une référence personnelle connue uniquement de son titulaire.

Une intelligence artificielle pourrait donc identifier un double sens ou une signification problĂ©matique lĂ  oĂč le titulaire de la plaque lui attribue une tout autre signification.

Inversement, certaines rĂ©fĂ©rences peuvent ĂȘtre suffisamment subtiles pour Ă©chapper Ă  une analyse automatisĂ©e.

Le Rapport au Roi indique que trois outils d’intelligence artificielle seront utilisĂ©s, mais ne prĂ©cise pas lesquels, ni la maniĂšre dont leurs rĂ©sultats interviendront concrĂštement dans l’apprĂ©ciation des fonctionnaires.

En cas de contestation, plusieurs questions pourraient dĂšs lors se poser : quelle signification exacte la DIV attribue-t-elle Ă  la combinaison ? Sur quels Ă©lĂ©ments repose cette interprĂ©tation ? Quelle intervention humaine a eu lieu ? Et quelle place les rĂ©sultats produits par les outils d’intelligence artificielle ont-ils occupĂ©e dans la dĂ©cision finale ?

⚖ Une nouvelle rencontre entre droit routier et intelligence artificielle

Cette modification peut sembler concerner un sujet relativement anecdotique — les plaques personnalisĂ©es — mais elle illustre une Ă©volution beaucoup plus large : l’intelligence artificielle fait progressivement son entrĂ©e dans le fonctionnement quotidien des administrations.

Son utilisation n’empĂȘche toutefois pas qu’une dĂ©cision administrative affectant concrĂštement un citoyen doive pouvoir ĂȘtre expliquĂ©e et, lorsque les conditions sont rĂ©unies, contestĂ©e.

🚘 Votre plaque personnalisĂ©e fait l’objet d’une demande de modification ou d’une dĂ©cision de radiation de la DIV ? Contactez-moi afin d’examiner votre situation et les possibilitĂ©s de contestation.